François Englert officiellement récompensé du Nobel de physique

Posted on December 20, 2013 by

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Publié le mardi 10 décembre 2013 (La Libre) — Le Belge François Englert et le Britannique Peter Higgs ont officiellement reçu mardi à Stockholm (Suède) le prix Nobel de physique pour leurs travaux relatifs au “boson de Higgs”, une particule élémentaire considérée par les physiciens comme la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière.

C’est le roi Karl Gustav de Suède qui leur a remis cette distinction lors d’une cérémonie officielle au Concert Hall. François Englert, qui est rattaché à l’Université libre de Bruxelles, est, à 81 ans, le premier Belge à décrocher le prix Nobel de physique, que lui avait décerné la Fondation Nobel le 8 octobre dernier. Un tel prix est doté d’une enveloppe de 8 millions de couronnes, soit 920.000 euros. Le physicien, comme tous les autres lauréats d’un prix Nobel, ne s’est toutefois pas exprimé durant la cérémonie.

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Une délégation belge s’est rendue à Stockholm à cette occasion. Elle était composée du secrétaire d’Etat à la Politique scientifique Philippe Courard (PS), qui représente le Premier ministre Elio Di Rupo, parti à Johannesburg (Afrique du Sud) pour assister à la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela, et de représentants de l’ULB, dont son recteur Didier Viviers.

La Fondation Nobel a récompensé les deux scientifiques pour leurs travaux sur la découverte théorique d’un mécanisme qui contribue à notre compréhension de l’origine de la masse des particules subatomiques, et qui a récemment été confirmée par des expériences au CERN. Cette avancée est considérée comme l’une des plus importantes de l’histoire de la physique.

“Il faut augmenter le financement de la recherche en Belgique”

Le financement de la recherche scientifique en Belgique n’est pas suffisant et la part publique dans ce financement est insuffisante. Tel est le message qu’a adressé mardi le recteur de l’ULB Didier Viviers au pouvoir politique en marge de la remise officielle du prix Nobel de physique au Belge François Englert à Stockholm. La Fondation Nobel elle-même a rappelé mardi lors de la cérémonie de remise du Nobel qu’il était regrettable qu’en ces temps de crise économique, les budgets de la recherche scientifique à l’échelle mondiale soient rabotés. “Il est aujourd’hui plus important que jamais de continuer à supporter la recherche et même d’augmenter ce support”, estime-t-elle.

Le recteur de l’ULB dit avoir l’impression d’être entendu par le pouvoir politique, mais voudrait surtout que les décisions suivent. “Il faut avoir le courage de dire que l’on fait le choix de la recherche, qui n’est pas un luxe. Et ce message est partagé par les autres universités belges, ainsi que, plus largement, à l’échelon européen”, confie-t-il. Les directives européennes prévoient qu’une part de 3% du PIB national soit consacrée à la recherche. En Belgique, ce sont 2,2% du PIB qui y sont dévolus.

Didier Viviers tient aussi à rappeler au pouvoir politique qu'”il n’a pas à intervenir sur les objectifs de la recherche fondamentale”. Il est nécessaire de financer les chercheurs, et, parfois, dans des courants originaux. “Ce Nobel, le 4e qui revient à l’ULB tous prix Nobel confondus, montre l’accent que nous mettons sur la liberté de la recherche. Il faut parfois pouvoir transgresser les frontières”, selon le recteur.

L’université bruxelloise compte actuellement entre 1.700 et 1.800 doctorants, dont environ 220 sont diplômés par an. “Quarante-cinq pc d’entre eux sont des étrangers et tous les professeurs sont des chercheurs”, insiste Pierre Marage, vice-recteur à la Politique académique et à la Recherche.

De manière plus générale, les autorités de l’ULB se réjouissent enfin du coup de projecteur que donne ce prix Nobel de physique à “la qualité de la recherche” de leur université et de “la grande fierté” qui en découle.